Collection Bilingue
Collection theatre
Collection du rat
Prix litteraires et articles
Paiement securise
Qui sommes nous
Contact et liens
Extrait des
Contes du Rat Conteur
Une légende po-poulaire. Il existe, chez nos amis les oiseaux à plumes, un peu comme chez les humains, des légendes et autres histoires à dormir debout que les parents relatent aux oisillons de génération en génération. Les autruches ont par exemple, la légende de l'oeuf d'or, (un oeuf qui donna naissance à leur impératrice, la grande Sissi l'Autruche), un autre exemple est celui des vieux paons qui racontent aux jeunes, pendant les longues soirées hivernales, l'histoire incroyable de Peter le paon sans peur, c'est un héros légendaire chez ce type d'oiseau. Les rouges-gorges, quant à eux, sont très fiers de leur ancêtre Red George, qui bien qu'ayant le mal de mer, décida de s'infiltrer sur un bateau de pirates pour y sauver la vie de sa bien-aimée. Ce que je préfère évoquer maintenant est une histoire bien moins connue mais tout aussi fabuleuse. C'est une légende que ressassent les poules de Normandie les jours pluvieux, c'est le drôle de destin de Petite Plume. Il était une fois dans un petit village de Normandie une basse-cour où se côtoyaient des canards, des oies, des pintades, des dindons mais aussi et surtout des poules. Chaque famille avait un dortoir défini et un chef élu à la force de son bec. Les oies passaient leur temps à jouer dans la mare aux canards, ce qui agaçait fortement les canards qui, pour se venger, jouaient au jeu de l'oie. Les pintades ne parlaient qu'entre elles à cause de leur timidité, les picots, eux, ne parlaient pas du tout, probablement à cause de leur sale caractère. Et nos amies les poules dans tout ça ? Eh bien, elles, elles cassaient la tête à tout le monde, elles bavardaient, chahutaient, s'égosillaient toute la journée, c'était une vraie pagaille dans cette basse-cour. Dans ce brouhaha quotidien, il y avait cependant une poule qui sortait du lot car elle jacassait et piaillait encore plus que toutes les autres réunies. On l'entendait du matin au soir, ses parents l'avaient baptisée Cocotte. Ce qui nous intéresse le plus ce n'est pas Cocotte directement mais plutôt ses plumes. En effet, cette poule perdait tellement de temps à bavarder du beau temps et de la pluie avec ses amies, sa cousine Bec-acine, ses vingt-quatre oncles et tantes, qu'elle n'avait pas le temps de pondre. Du coup, elle ne froissait jamais ses plumes et avait réellement le plus beau et plus pur plumage de toute la Basse-cour. Les plumes de Cocotte étaient rousses, duveteuses et soignées et surtout elles resplendissaient au soleil lorsqu'il ne pleuvait pas. Cocotte était d'ailleurs tellement fière de cette situation qu'elle prétendait même que ses plumes ne méritaient pas d'être dans une basse-cour comme celle-ci mais au contraire qu'elles étaient dignes de la cour du roi d'Espagne. Pourquoi le roi d'Espagne ??? Seule Cocotte le savait. Elle rêvait publiquement de voir un jour son plumage enfin reconnu de tous et exposé dans un musée même si elle dût en rester toute nue. Cette fierté en même temps que cette beauté en dérangeait plus d'une dans la ferme, il y avait des jalouses. Les oies en particulier avaient une dent contre notre poule; alors un matin de très bonne heure, deux grosses oies accompagnées d'une dizaine de pintades firent irruption dans le dortoir des poules et se jetèrent sur la pauvre Cocotte qui dormait encore. Avec une force et une violence assez rares, les intruses arrachèrent de leurs becs puissants les jolies plumes de notre amie. Il y eut des cris et des coups de becs et lorsque enfin Rex (le chien de la ferme) arriva, il était trop tard, il ne put que constater les dégâts : une des poules était totalement déplumée. Les oies et les pintades s'en allèrent et Cocotte se mit à pleurer. Ce fut une journée noire pour le poulailler.
Retour
Presentation du recueil
Lire un extrait